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JARDIN PERSAN

L'association ILLA est une association culturelle irano-suisse, libre de tout lien politique ou religieux, basée à Genève. Elle souhaite offrir aux habitants de la ville un jardin persan. Pour ce faire, elle a entrepris d'explorer les voies conduisant à la réalisation de ce projet.

Ce jardin persan sera la contribution iranienne au champ culturel genevois. Celle-ci s'est intensifiée au cours de ces dernières années et rencontre un intérêt croissant auprès de la population locale. L'organisation de nombreux concerts, expositions et ateliers témoignent d'une collaboration grandissant entre des institutions culturelles suisses et des associations iraniennes ou irano-suisses.

Des échanges culturels qui touchent des domaines aussi variés que la musique (concert, chant et danse), les arts visuels (peinture, cinéma, vidéo et photographie), la littérature, l'architecture et la gastronomie.

ILLA souhaite accroître cette contribution par la réalisation d'un jardin persan adapté au climat genevois et inséré dans l'un de ses parcs.

ILLA, initiatrice de ce projet, forme le voeux de voir son projet accueillit dans le cadre de « l'esprit de Genève ». Elle espère rencontrer auprès de la Mairie et de la population genevoise l'intérêt, le conseil et l'appui indispensable à sa réalisation.

 

 
Garden, Shiraz
Narenjestan-e Ghavam, Shiraz

 

CONCEPT ET ELEMENTS CONSTITUTIFS DU JARDIN PERSAN

La disposition fondamentale de l’architecture persane est la division de l’espace en quatre parties, forme née dès le 5ème siècle av. J-C dans l’architecture parthe du tchahâr-tâgh, couplant, au moyen de pendentifs, le plan carré du temple zoroastrien avec le plan circulaire de la réception de sa coupole. Cet élément archétypal de l’architecture se trouve transposé dans d’autres champs d’expression artistique.

Il en va ainsi du jardin, le tchahâr-bâgh, qui est composé d’un plan rectangulaire traversé par deux grands axes formés par les principaux canaux divisant le jardin en quatre parties. Les traces des premiers aménagements de jardin sur le plateau iranien remontent au 2ème millénaire av. J-C. Elles relient le jardin paradis terrestre et le paradis mythique du jardin céleste. L’étymologie du mot paradis remonte à l’ancien persan pairi-daeza, qui signifie l’espace de dieu dans le livre de Zoroastre.

Autour de l’aménagement cruciforme du tchahâr-bagh prennent place les autres éléments constitutifs du jardin persan. Ce sont les plans d’eau, reflétant l’image du ciel et du jardin, les fontaines et les canaux, alimentant les bassins, les allées entre les carrés plantés, les volumes arborés de haute, de moyenne et de basse futaies, les aménagements floraux. Ce sont aussi des édicules, pavillons ou kiosques avec leurs aîwans et terrasses, les murs d’enceinte avec leurs portails et niches, les dépendances. Le jardin propose au promeneur un ensemble d’espaces propices à la méditation solitaire, comme à l’agrément des sens. Il lui offre la chaleur du soleil et la fraîcheur de l’ombre, le chuchotement des feuilles dans la brise et le murmure de l’eau courant dans les canaux, le chant des oiseaux, le parfum des fleurs, l’éclat des couleurs. Le jardin peut se convertir en lieu de convivialité à l’occasion de festivités et accueillir musiciens et danseurs.

Le jardin persan s’inscrit dans un site en légère pente, généralement orienté nord-sud et ouvert sur le paysage. Devenu matrice du jardin oriental, ce modèle aura inspiré les palais-jardins de Bagdadis et des mongols, de l’Asie centrale jusqu’à la Péninsule ibérique. Il aura reçu à son tour l’influence européenne du 19ème siècle, ainsi que de la modernité urbaine du 20ème siècle.


QUEL ENRICHISSEMENT PEUT OFFRIR UN JARDIN PERSAN AU PATRIMOINE GENEVOIS DES PARCS ?

Genève a le privilège d’être la ville de Suisse la mieux dotée en parcs et promenades. La richesse de ses parcs a été nourrie par une longue tradition botanique et horticole, ouverte à la variété dendrologique, notamment aux essences exotiques, expression du rayonnement international de la cité. Ce patrimoine a été constitué par une longue succession d’acquisitions ou de donations de vastes propriétés faites au cours des 19ème et 20ème siècles par des familles patriciennes. Il octroie à la population genevoise la jouissance de très grands jardins dotés d’une architecture arborée et d’aménagements paysagers dont la vocation première de détente et de loisir s’est étendue au cours de ces dernières décennies à une pléthore d’activités culturelles.

Dans ce contexte, il y a lieu de se demander en quoi la réalisation d’un jardin persan pourrait enrichir le patrimoine existant. Le jardin proposé ne saurait être une pièce ajoutée à la liste des parcs genevois ; de dimensions modestes, il serait appelé à s’inscrire dans l’un des grands parcs genevois, Il ne saurait pas plus être la copie conforme d’un jardin persan collé dans l’environnement genevois, pour y apporter un brin d’exotisme.

Le jardin persan est le fruit d’une très ancienne culture botanique et d’horticulture, bien connue des botanistes genevois, eux-mêmes dépositaires d’une longue culture scientifique. Il y a tout lieu de penser que la création d’un jardin persan réanimerait le développement d’échanges qui ont eu lieu dans un passé encore récent. La réalisation projetée enrichirait la variété végétale chère aux paysagistes et jardiniers genevois. De par sa conception, le jardin persan, avec ses espaces modulables, peut s’ouvrir à des activités singulières, adressées à de petits groupes ou à de plus larges publics, favorisant ainsi la méditation individuelle, comme les rencontres, ou s’inscrivant dans les multiples manifestations interculturelles estivales.

Le jardin persan pourrait se révéler un acteur du rayonnement international de Genève et former un nouvel attrait touristique unique en Europe, offert par la ville à ses visiteurs.