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Saadi, agence de gaieté
pièce comique improvisée, avec Saadi Afshar dans le rôle du Noir
La pièce, qui réunit une douzaine de comédiens et musiciens, évoque les aventures d’une troupe de Siah Bâzi qui émigre à l’étranger après la fermeture de son théâtre... Comme de nombreux Iraniens en exil, les comédiens dispersés rêvent d’y trouver une situation meilleure... Mais ils doivent déchanter : pas de travail, pas d’argent, que faut-il faire? Rentrer au pays? Ils tombent alors sur un compatriote qui les invite à venir jouer une pièce de leur répertoire dans son restaurant... Alors, pour survivre, il ne leur reste plus qu’une solution : remettre leurs vieux costumes, exercer leur talent, improviser, jouer, faire rire !
Saadi Afshar est l’un des derniers maîtres de la tradition iranienne du Siah Bâzi – littéralement : le Jeu du Noir -, sorte de commedia dell’arte qui se jouait lors de mariages ou de fêtes (sous les Safavides, on recouvrait de planches le
bassin de la cour pour en faire une scène). Le visage entièrement fardé de suie, la voix éraillée inimitable (il ne peut s’en défaire quand il arrête de jouer), le Noir improvise, en partant de canevas traditionnels, des satires truffées d’allusions à l’actualité. On pense que cet Arlequin iranien trouve son origine dans un esclave africain perdu en Perse ou un gitan venu de l’Inde. Déjà invité à Paris en 1991 lors du Festival d’automne, Saadi revient quinze ans plus tard nous raconter l’émouvant destin des acteurs du Siah Bâzi, dont le théâtre vient d’être fermé à Téhéran et qui ont été invité tout le mois de janvier 2006 au Théâtre du Soleil et tournent depuis en Europe.
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SIAH BAZI - Les ouvriers de joie
Réalisateur : Maryam Khakipour
Dans une rue dédiée autrefois à la fête et aux spectacles, un dernier théâtre résonne encore d’éclats de rire avant de s’écrouler ou d’être transformé en parking. C’est ici que les couches populaires viennent écouter l’Arlequin de Téhéran improviser sur le sexe et le pouvoir. Il ne porte pas de masque, est simplement fardé de suie - d’où lui vient son nom de “Noir”. Lui et sa troupe ne sont pas des acteurs “scientifiques”. Ils ont tous commencé alors qu’ils étaient enfants. Le gouvernement décide de fermer leur théâtre. On les retrouve orphelins “ils nous ont arraché la joie, ils nous ont tout pris”.
Les ouvriers de joie parlent de la soif de rire dans un pays où le deuil et les larmes sont célébrés à chaque occasion. Qu’est devenu le rire en Iran ? Ce théâtre à la dérive et sa troupe qui se battent pour continuer à rire offre un petit miroir de la société iranienne actuelle : ses impasses, ses frustrations, ses désirs, ses espoirs.
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Maryam Khakipour
Maryam Khakipour est née à Téhéran. Après un bac littéraire, elle suit les cours du conservatoire d’Art dramatique de Téhéran tout en étant actrice puis professeur de théâtre. Elle arrive en France en 1982. Elle est actrice au théâtre et au cinéma. Elle suit des cours puis enseigne le théâtre et anime des ateliers. Les ouvriers de joie est son premier film.
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Théâtre
Des Iraniens chez Mnouchkine
Chez eux, à Téhéran, ils ont été privés du jour au lendemain de leur théâtre. « Ils », ce sont les derniers comédiens et musiciens qui cultivent l'art du siah bâzi (jeu du noir), une tradition théâtrale comique qui remonte au xviie siècle. Cet art très populaire, avec une sorte d'Arlequin de Téhéran, suscite encore des éclats de rire, au grand dam des autorités iraniennes. Exilés, dispersés à l'étranger, ces artistes sont hébergés aujourd'hui par Ariane Mnouchkine, de retour d'une longue tournée avec son « Dernier Caravansérail ». Chez elle, ces artistes iraniens créent « Saadi, agence de gaieté », où ils racontent leur propre histoire. Histoire également retracée, pure et heureuse coïncidence, par un extraordinaire documentaire de Maryam Khakipour, « Siah Bâzi, les ouvriers de joie », coup de coeur du jury Guimet au Festival du Film asiatique de Vesoul 2005. Ce film est projeté avant le spectacle. Il y aura aussi certains soirs de la musique, et tous les soirs Saadi Afshar, un prince des artistes iraniens.
Par Odile Quirot
Nouvel Observateur - 12/01/2006
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Presse
Le Monde 2 février 2006
On rit aux pitreries du Noir, on frémit au son du zarb et du violon , on admire l’énergie que véhiculent les comédiens…
Lorsqu’en 2002 Maryam Khakipour commence à filmer les acteurs du Théâtre Nasr, elle sent vite que « la salle vit ses derniers mois ». Du désespoir des acteurs, qui savent que leur salle est condamnée. De leur incompréhension quand la décision est officiellement prise de fermer le théâtre, de la tristesse du public, privé brutalement d’une bouffée d’oxygène… De ses semaines passées à suivre le quotidien de la troupe, la comédienne livre un témoignage poignant dans son documentaire Siah Bâzi, les ouvriers de joie.
Ariane Mnouchkine sera l’une des premières à réagir à la copie que Maryam lui fait passer. Très vite, la compagne de signatures envisagées initialement est abandonnée pour une initiative plus ambitieuse : faire venir la troupe à Paris.
Simon Roger |
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